La ville de Paris attaque Airbnb en justice

Après 4 mois de discussions et menaces, la ville de Paris a décidé de passer à l’offensive et attaque Airbnb et Wimdu en justice. L’enjeu ? Imposer l’immatriculation de toutes leurs annonces.

86% des annonces sont hors la loi 

Le contexte : depuis le 1er décembre dernier, les propriétaires doivent faire figurer sur leur(s) annonce(s) un numéro d’immatriculation.

Il suffit de jeter un bref coup d’œil sur le site Airbnb pour se rendre compte que rien n’a été mis en place et que la plateforme néglige volontairement cette mise en conformité.

La procédure est simple : le particulier doit se rendre à la mairie pour déclarer son bien en location, il reçoit un numéro d’immatriculation et l’affiche sur son annonce.

Le risque : ce manquement est passible d’une amende de 1000 euros par jour de retard. Il va sans dire que les propriétaires ne s’en préoccupent pas. En effet, après 4 mois, leurs amendes s’élèveraient à plusieurs dizaines de milliers d’euros.

Mais pourquoi s’inquièteraient-ils ? La ville de Paris n’a pas les moyens de l’imposer, seule Airbnb peut s’en charger …

 

Un enjeu majeur pour la ville de Paris

Comme le précise Ian Brossat, maire adjoint au logement, dans certains quartiers comme le Marais, il y a une pénurie de logements au profit de la location touristique.

Au-delà du manque de logement, ses annonces offrent une concurrence déloyale aux établissements hôteliers.

La ville de Paris espère inverser cette tendance et forcer ces plateformes en ligne à se mettre en conformité avec la loi. La tâche s’avère cependant plus difficile que prévu car Airbnb est bien décidée à se battre.

 

Airbnb persiste et signe

Seule la plateforme en ligne, en appliquant un processus rapide est simple pourrait forcer ses annonceurs à se mettre en conformité avec la loi. Mais perdre 86% de ses annonces du jour au lendemain n’est tout simplement pas envisageable. On imagine difficilement, Airbnb retirer ses annonces et attendre que ses propriétaires fassent les démarches administratives.

N’oublions pas non plus que la plupart de ses loueurs agissent en toutes illégalités en louant 2, 3 voire bien plus de biens qu’autorisés pour une durée bien plus longue !

Qui dit un parc moins important, dit une perte d’argent considérable pour Airbnb quand on sait que la France est le 2e pays en matière d’annonces après les États-Unis (485’000 annonces vs. 660’000 pour les Etats-Unis, août 2017).

 

Airbnb gagne du temps et refuse de se mettre en conformité

Ian Brossat déclarait dans le journal Le Parisien «Airbnb n’a pas fait le moindre effort et a même explicitement refusé de retirer les annonces car, selon elle, la loi est trop compliquée à appliquer ».

Cette bataille en justice qui concerne également la plateforme Wimdu s’annonce longue car Airbnb risque de continuer à protéger ses intérêts jusqu’au bout.

Elle propose toutefois une alternative : opter, comme cela se fait déjà à Berlin, pour un système de blocage automatique des réservations lorsque le nombre de nuitées autorisées par la législation locale est dépassé.

Prochain rendez-vous ? Le 12 juin au tribunal de grande instance de Paris !

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