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« La fin de la propriété, ce qui est à moi est à toi »

Une conférence sur la consommation collaborative a eu lieu ce matin à Paris. Des professionnels sont intervenus afin de parler de ce phénomène de plus en plus présent dans nos mœurs…

L’association Renaissance Numérique organisait ce matin dans les locaux du groupe 1000mercis (pionnier de la publicité et du marketing interactif) une conférence sur la consommation collaborative, « La fin de la propriété, ce qui est à moi est à toi ».
Pendant 2 heures, Morald Chibout (Directeur Général à Autolib’), Olivier Grémillon (Country Manager France, Maroc et Belgique chez AirBnB) et Christophe Benavent (Professeur à l’université Paris Ouest) ont discuté de cette pratique. Plusieurs facettes ont été abordées.

1. L’évolution de la consommation

Selon Olivier Grémillon, on est passé aujourd’hui d’une époque de possession à une époque d’usage. Alors que le 20ème siècle était le siècle de l’hyperconsommation, le 21ème siècle sera celui de la consommation collaborative. Et cette technique de consommation aurait déjà été imaginée dès le 19ème siècle par Pierre-Joseph Proudhon (un journaliste, sociologue, économiste et philosophe français), qui critique la propriété.

2. L’aspect économique :

Christophe Benavant a défini cette consommation comme étant du matérialisme hédonique : « Le matérialisme hédonique : je ne possède rien mais je consomme tout. » En effet c’est le principe même de la consommation collaborative : on peut avoir de tout, sans rien posséder. Tout en rappelant qu’un bon nombre de produits existant dans la plupart des foyers sont très souvent inutiles. Le cas de la perceuse a été évoqué : 50% des perceuses ne sont jamais utilisées, et le temps moyen d’utilisation dans la vie d’une perceuse est de seulement…12 minutes. Alors à quoi bon dépenser inutilement, surtout en temps de crise ? Selon lui la valeur n’est pas dans le produit mais dans le service qu’il rend !
Les intervenants ont rappelé qu’actuellement, le coût d’une voiture est égal au coût d’un enfant supplémentaire pour les ménages, alors que des solutions beaucoup plus économiques existent : Autolib’ ou le co-voiturage (ou encore les transports en commun).

3. L’aspect écologique :

En parlant d’Autolib’,  Morald Chibout a précisé qu’actuellement on pouvait trouver 2300 Autolib’ à Paris, ce qui correspond à 22 500 voitures en moins dans la ville (car ceux qui sont abonnés ne possèdent donc pas tous un véhicule personnel). En tout, c’est 83 100 abonnés qui utilisent ces véhicules. Et pour les critiques qui visaient le nombre réduit de bornes Autolib’ dans la capitale : en juin 2013, le nombre de stations s’élève à 830.
Il a aussi précisé qu’en ville, 25% de la pollution provient des voitures, alors que des moyens de transports beaucoup plus écologiques y sont omniprésents.
Et de façon générale, la consommation collaborative est un éco-geste : on gaspille moins !


4. L’importance de la communication dans les start-up de l’économie collaborative

Enfin, les intervenants ont donné quelques conseils pour développer une start-up axée sur la consommation collaborative : il faut que cela soit simple, facile d’accès, afin de ne pas embrouiller l’utilisateur, qui doit se sentir en confiance. La confiance passe par un suivi de la part de l’entreprise, de la présence de commentaires, de photo de profils, et d’informations légales qui rassureront l’internaute. Le bouche à oreilles est selon eux plus efficace que la pub, qui a une connotation trop commerciale pour ce genre d’activités. Cette forme de communication inspire encore plus confiance car le message vient d’un utilisateur, et non de l’entreprise.

 

Cependant, malgré tous les atouts de la consommation collaborative, beaucoup ont peur pour leur bien, en disant que lorsqu’un bien appartient à la communauté il n’est pas préservé. D’où l’intérêt de la caution, obligeant à prendre soin du matériel en question.
De plus, le professeur de l’université Paris Ouest a insisté sur le fait que ce n’est pas vraiment la fin de la propriété : en effet, des brevets sont déposés tous les jours à l’INPI. Et ces brevets sont nécessaires à l’innovation.

 

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