Le blog de e-loue

Candidat 5 : Comment faire croire que vous êtes écolo et non rapiat

En maman moderne et géniale, je suis adepte d’une consommation responsable et éthique, sans concession.

C’est-à-dire que je lutte activement contre une surproduction massive en réutilisant tout ce qui peut l’être, et limiter ainsi notre production familiale de déchets.

Pour cela, ma fille porte des couches lavables, se pomponne les fesses à la lingette lavable, se fringue « en occaz’ », érige des tours de légos sur lesquels on entrevoit encore les traces enragées d’un précédent marmot en pleine poussée dentaire.

Je revends bien évidemment, ou propose certains objets de puériculture à la location. C’est économique bien sûr, mais là n’est pas la question, puisque nous sauvons la planète. Et inutile de préciser qu’un bébé se contrefout de savoir que son environnement est d’occasion. Son éveil ne dépend nullement de l’aspect reluisant de ses pantalons, du moment qu’il peut se rouler confortablement dans l’herbe avec. J’aurai bien le temps de me soucier des tendances vestimentaires, à son entrée fracassante dans l’adolescence.

D’aucuns diront que mon homme et moi-même, appartenons à la race des mammifères rongeurs, savamment nommés rattus (sous-famille des « rattus internetus » ), vulgairement marginalisés sous le nom de « rapiat ». Apparentés à ces petits fouineurs de l’Internet, rien ne nous arrête quand il s’agit de vivre en économisant un maximum de sous. Destinés pour sûr, à être réinjectés dans l’essentiel.

Je pense notamment à notre pain quotidien, la crèche de notre fille, une vraie pâté pour notre chien (et non cette bouillasse immonde composée à 4 % de viandes non-identifiées et 96 % de substances non moins connues), des voyages etc (le budget et ceatera coûte d’ailleurs très cher). Nous le savons tous, l’essentiel c’est bien. Mais çà n’est pas gratuit. Je dirais même que le budget dédié à votre essentiel est proportionnel à votre grandeur d’âme, et la noblesse de vos intentions. Faites donc un peu le calcul de ce que vous valez, vous pourriez être surpris.

Autre avantage, nous apprenons à nous détacher de l’élément matériel, et du concept même de possession. Pratique à laquelle je m’étais personnellement initiée quand nous avons accueilli notre chienne : « oh pfff, plus besoin de cette paire de bottes en cuir de toute façon… Oh qu’est-ce que çà peut faire un oreiller en moins… Il était moche ce canapé d’abord… ». Puis l’arrivée de ma fille m’a donné l’occasion de parfaire ma pratique : « bah, tu sais chéri, ce livre finalement, il était pas si bien…. Et puis tiens, j’ai jamais aimé cette console que tu te traînes depuis des années, çà tombe bien parce que… ».

A présent, je fais circuler mes achats. Non pas pour éviter de pleurer la disparition brutale de certains beaux objets ayant coûté la peau des genoux, mais pour adhérer pleinement à l’idée du recyclage de biens. Bien sûr, notre 47 m² menace à chaque instant de vomir nos modestes possessions, qui s’accumulent tant bien que mal, dans ses moindres recoins. Mais là encore n’est pas la question, il ne s’agit pas d’un manque de place (que nenni ! ), juste d’une reconversion au Zen. Ou pour les moins spirituels d’entre nous, à une déco minimaliste d’inspiration japonaise.

Pour résumer, je me soucie du sort de la planète, j’ai le sens des valeurs authentiques, et je suis sur la voie de l’Illumination Zen. Mais oui, la perfection éthique et écologiste incarnée.

 

Article écrit par @Helene le baurez pour e-loue

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